1 Jun 2008

Ernst Jünger - le numéro 15314


Oran, on the Algerian coast.

Contribution by Guillaume Tarche:

« Cela ne peut pas être très dangereux, le vin rouge… »

Diffusé dans l’émission radiophonique Tout arrive!, sur France Culture, le 22 avril 2008 (à l’occasion d’un entretien avec Julien Hervier pour la publication des Journaux de guerre dans la Bibliothèque de la Pléiade), ce court témoignage – duquel on ne connaît pas la date d’enregistrement – d’Ernst Jünger, en français, concerne son séjour dans la Légion à l’automne 1913. On peut l’écouter ici [environ entre 17’25’’ et 19’00’’]:

« Moi, j’avais le numéro 15314 ; il y a des chiffres que vous n’oubliez jamais, et pour moi c’est 15314, toujours. Mes parents m’ont écrit; au courrier, le caporal a dit: 15314… alors j’ai reçu les lettres… Quelquefois, mes parents m’ont aussi envoyé de l’argent, étant donné que mon salaire de soldat – ce n’est pas comme aujourd’hui, où vous avez 4000 francs – était d’un sou, soit 4 pfennigs… Un litre de vin rouge, de ce lourd vin rouge d’Algérie, ne coûtait qu’un sou, alors j’ai appris là, dans la Légion, à boire du vin rouge… et je m’y suis accoutumé… jusqu’à maintenant… ce qui veut dire que cela ne peut pas être très dangereux, le vin rouge… »

"Red wine doesn’t present any serious danger…"


This short account of Ernst Jünger, in French, evokes his stay in the French Foreign Legion, during the autumn of 1913. It has been broadcasted (April 22nd, 2008) on the France Culture radio, in the programme entitled Tout arrive!, which consisted in an interview with the translator Julien Hervier, on the occasion of the Journaux de guerre’s publication by the Bibliothèque de la Pléiade. The recording date is not mentioned in the programme. Listen here [between ca. 17:25-19:00 min.]:

Transcription:

"Me, I had the number 15314; there are numbers that you never forget, and to me, it’s 15314, always. My parents wrote to me; on the mail delivery, the corporal said: 15314… so I received the letters… Sometimes, my parents sent money too, considering that my pay – not like nowadays, where you can earn 4000 “francs” – raised one “sou”, or 4 “pfennig”… One litre of red wine, of this heavy Algerian red wine, cost only one “sou”, so I learned there, in the Légion, to drink red wine… and I got accustomed to it… until now… which means that red wine doesn’t present any serious danger…"